

Signature de H.P. Desury - 1864
HIPPOLYTE PAUL, le cadet de Marie Hippolyte et Jacquette Le Goff, est né le 18 juillet 1835. Il épouse, le 9 janvier 1860, à Saint-Brieuc, AZELIE LOUISE FROGE, fille de Joseph, pharmacien à Saint-Brieuc et de Marie PAUX. Au décès de son père, en 1852, Hippolyte assurera, avec sa mère (il n'avait que dix-huit ans), la continuité de l'orfèvrerie. Les factures de l'époque ont pour en-tête "Veuve Desury & Desury Jeune", le terme jeune devait sans doute être employé pour se différencier du frère qui avait fait scission, Auguste, dont la maison avait pour nom "Desury Fils" ou "Desury Aîné". Manifestement, Jacquette cessera ses activités en 1862. En effet, l'en-tête du papier commercial devient : "Desury Jeune Successeur de Mme Veuve Desury".
Hippolyte prendra part à la vie sociale et catholique briochine, ainsi il sera membre de la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, de la Société de Saint-Vincent-de-Paul et de la commission de l'Ecole Libre des Frères.
A la demande d'Arthur du Bois de la Villerabel, pour la publication de son livre "A travers le vieux Saint-Brieuc" édité en 1891, Hippolyte réalise trois dessins qui nous permettent d'apprécier sa sensibilité artistique. Il s'agit de la crosse du ciborium de la collégiale de Saint-Guillaume, de l'autel de l'Annonciation que l'on peut voir à la cathédrale (uvre de Corlay du XVIIIème) et d'un détail des vieilles boiseries de son magasin.
Quelques jours après le
décès d'Hippolyte, le journal La Croix publie une nécrologie dont voici quelques
extraits : "L'art chrétien vient de faire une perte qui sera vivement sentie dans
notre diocèse et dans toute la Bretagne.
M. Desury, l'orfèvre si connu de tous nos prêtres et de toutes les communautés
religieuses vient d'être enlevé aux siens après une courte maladie, qui lui a tout
juste laissé le temps d'envisager la mort bien en face et de donner à ceux qui
l'entouraient l'exemple d'une résignation absolue à la volonté de Dieu.
Nous ne sommes pas, hélas, capables de louer l'artiste comme il le mérite, mais nous
pouvons dire que sa réputation était assez bien établie pour qu'on l'ait chargé de
ciseler le magnifique chapelet d'or porté par la statue de Notre-Dame de Lourdes, et de
monter les superbes couronnes d'or de Sainte-Anne d'Auray. Dans ces deux oeuvres si
remarquables, il avait mis tout son talent et tout son coeur, et quand il en parlait, on
sentait à la fois la fierté légitime du ciseleur habile, et la reconnaissance du
chrétien heureux d'être choisi, entre tant d'autres, pour apporter une splendeur de plus
aux sanctuaires qu'il aimait.
Quant au commerçant consciencieux et facile en affaires, nous n'avons pas besoin de le
faire connaître. Tous ceux (et ils sont nombreux), qui depuis plus de trente ans ont
été en relations avec lui n'ont qu'une voix pour dire son honnêteté méticuleuse.
Mais son activité ne se bornait pas à donner l'impulsion à l'important atelier qu'il
dirigeait. Il s'occupait de ses ouvriers comme un patron chrétien doit le faire,
cherchant à la fois et leur aisance matérielle et leur bien intellectuel et moral.
(...)".
Photographies sauf mention particulière archives Desury