

Vers 1840, un savant français, le Comte Henri de Ruolz, découvre le procédé
de dorure et d'argenture par électrolyse, appelé galvanoplastie. L'orfèvre
parisien Charles Christofle sera le premier à l'exploiter et progressivement il
sera adopté par de nombreux orfèvres, supplantant l'ancienne technique du
plaqué ou laminé. En effet, le plaqué qui consistait à appliquer des
feuilles d'or ou d'argent sur un autre matériau (souvent du bois) était apparu
afin de diminuer le coût des pièces d'orfèvrerie. Les anglais exportaient de
la vaisselle d'argent laminé sur cuivre dont la fabrication fut autorisée en
France en 1787.
Le métal argenté remportera un vif succès auprès de
l'aristocratie et de la bourgeoisie, notamment par son utilisation dans l'orfèvrerie
de table permettant l'utilisation de pièces plus fines, mais aussi pour son
moindre coût. Cette nouvelle technique fera quasiment disparaître l'orfèvrerie
de table artisanale qui sera progressivement remplacée par une fabrication
industrielle, l'artisan se chargeant plus particulièrement de l'entretien et de
la rénovation.
Conservés au Musée de Bretagne à Rennes un bassin et burettes en argent repoussé, décor ciselé de feuilles d'eau, décor à la molette pour les frises de rais de coeur et argent fondu pour les anses.
Dans Les orfèvres de Haute Bretagne (Cahier du patrimoine - Edition PUR) cet ensemble est attribué à Romain Desury, mais la présence d'une tête de Minerve, poinçon de garantie et titre de l'argent depuis 1838, et d'une tête de veillard, poinçon de grosse garantie de 1819 à 1838 n'est pas cohérente avec cette attribution, Romain Desury étant décédé en 1825. Cette oeuvre située précisément à ce moment de changement des poinçons d'état en 1838 peut être aisément attribuée à Marie Hippolyte Desury.
Le poinçon de fabriquant est également décrit ainsi : "Romain Desury (?) : à Saint-Brieuc, dans un cadre rectangulaire" Alors que, sur ce cliché de l'inventaire général (ci-dessous) on reconnait le poinçon présent sur de très nombreuses pièces des ateliers Desury : " Desury St Brieuc" dans un rectangle. Poinçon qui s'est transmis de père en fils.
Plus de détails sur la notice du bassin et burettes des dossiers électroniques de l'inventaire général

Plateau et burettes
Phot. Inv. G.
(c) Inventaire général, ADAGP, 2001

Détail burette et poinçon de fabriquant
Phot. Inv. G.
(c) Inventaire général, ADAGP, 2001
Pour l'église paroissiale Saint-Pierre Saint-Paul d'Evran (Côtes d'Armor) une croix-reliquaire, structure en ébène et chêne plaqué d'ébène pour le socle, décor en argent estampé, découpé, ciselé avec des ornementations à lambrequin et griffe, argent doré pour les filets incrustés.Sur le socle représentation rare de l'Agonie du Christ au Jardin des Oliviers.
Sur la plaque du devant du pied, un crabe, poinçon de garantie et titre départements après 1838.
Cette croix peut être datée par les armoiries de Mgr Le Mée évêque de Saint-Brieuc de 1841 à 1858 sur le cachet d'authenticité des reliques. La présence de l'étiquette "Desury orfèvre..." permet d'attribuer l'objet à Marie Hippolyte puisqu'à son décès en 1852 ce sont sa veuve et son deuxième fils qui prendront la succession, les étiquettes commerciales devenant "Veuve Desury et Fils Jeune".
Plus de détails et de clichés sur la notice de la croix reliquaire d'Evran des dossiers électroniques de l'inventaire général
Compte tenu que les orfèvres Desury se sont souvent transmis les mêmes poinçons de père en fils. Il est parfois difficile, voir impossible, d'attribuer avec certitude une pièce d'orfèvrerie à l'un ou l'autre. Par conséquent on trouvera des oeuvres réalisées par Marie Hippolyte Desury dans l'inventaire des travaux d'orfèvrerie exécutés par les ateliers Desury.