


Signature de René Desury - 1941
Né le 23 juin 1900 à Saint-Brieuc, René est devenu orfèvre dans des circonstances particulières : Son père Hippolyte Marie est décédé en 1904 et sa mère en 1913. Paul, son frère aîné, avait fait son apprentissage d'orfèvrerie à Lyon et devait prendre la succession de l'orfèvrerie. Or, à la veille de la Grande Guerre, il s'était engagé volontairement au 71ème Régiment d'Infanterie et décéda des suites de blessures dans un lazaret allemand en mai 1917. L'avenir de l'orfèvrerie Desury à l'annonce du décès de Paul était bien compromis. En effet, le commerce ne continuait que grâce aux efforts de la grand-mère Sury (on l'appelait ainsi) aidée, en cela, par sa petite-fille Anne et une employée. Quant à l'atelier, il ne restait qu'un seul ouvrier, Joseph Quinio, les autres étaient mobilisés, et l'on devait faire fabriquer par d'autres maisons, notamment à Lyon. Aussi était-il urgent d'assurer la succession. Les deux autres frères de René ne le pouvaient, l'un était mobilisé et l'autre était trop jeune.
C'est ainsi que son tuteur
et la grand-mère Sury décidèrent d'envoyer René en apprentissage chez Nesme, à Lyon,
le même qui avait formé Paul quelques années plus tôt. Il commença son apprentissage,
à la fin du mois d'octobre 1917 et dès la deuxième semaine on le mettait au repoussage
des patènes. Durant ces premiers jours à l'atelier Nesme, il faisait la connaissance
d'un jeune apprenti, Francisque Augis, fils du célèbre bijoutier de Lyon. Aussi, pendant
son séjour , il était souvent invité à passer son dimanche chez les Augis, ce qui lui
permit, comme lui écrivait de Saint-Brieuc Joséphine, la bonne : "D'entrer dans le
grand monde." ! Fin décembre, il prenait des cours de gravure chez Monsieur Massy,
et commençait le repoussage des fausses coupes (calices, ciboires, etc.) Il prenait
également, à partir du mois de mai, chaque fin de journée, des cours chez un ouvrier
spécialiste de la ciselure et quittait, le 15 juin, l'atelier Nesme pour entrer chez
Férigoule, bijoutier à Lyon.
René semble avoir particulièrement apprécié
l'apprentissage de la bijouterie et de la ciselure et s'empressa de monter une bague pour
sa sur (une émeraude et une perle, fausses bien entendu !), mais aussi un camée
pour son frère Jean et pour lui même, un camée offert par les Augis qu'il monta en
chevalière.
Son apprentissage devait prendre fin le 31 octobre 1918, mais il était
rappelé précipitamment à Saint-Brieuc, quelques jours plus tôt, auprès de sa
sœur qui, atteinte par la grippe espagnole, était condamnée par les médecins.

René Desury et ses ouvriers vers 1928 - Cliché Raphaël Binet
De gauche à droite : Joseph Quinio (ouvrier ayant
travaillé successivement avec Hippolyte Paul et Hippolyte Marie Desury),
René Desury, Jules Auffray, un jeune apprenti, Victor Marquet. Au centre
: les demi-couronnes de la vierge à l'enfant de Notre-Dame de Nazareth à
Plancoët.
Archives Desury - Phot. (c) Xavier Desury - 1998
Photographies sauf mention particulière archives Desury