

Signature de Romain Desury - 1808
Romain est né le 7 janvier 1757 à Mons (Province du Hainaut - Belgique), de Louis SURY et Catherine PREYS. La Belgique est à cette époque sous l'emprise de l'Autriche depuis le traité d'Utrecht (1713) qui l'enleva à l'Espagne. Mons, ville fortifiée dont la silhouette s'annonce de loin, est surmontée d'un beffroi érigé au XVIIème siècle que Victor Hugo décrivait ainsi : "une énorme cafetière, flanquée au-dessus du ventre de quatre théières moins grosses (...) Ce serait laid, si ce n'était grand." La ville est divisée en six paroisses, dont la plus grande est Saint-Germain, celle où est né notre aïeul.

Extrait de baptème de Romain Desury
Archives Provinciale de Mons - Paroisse Saint-Germain
Phot. (c) Xavier Desury - 1996
Le petit Romain, s'il n'était pas sage, s'est peut-être vu menacé, par son père, d'être emmené au singe de Mons. En effet, adossé à l'hôtel de ville, on peut voir la statuette d'un petit singe, dit du Grand'Garde, dont les origines, remontant au Moyen âge, sont mal connues. Il s'agirait soit de la tête du pilori où l'on enchaînait les enfants, soit de l'enseigne d'une taverne ayant renfloué les caisses de la ville, ou encore du chef-d'oeuvre d'un maître ferronnier. Enfin, sachez que poser la main gauche sur sa tête, porte bonheur aux demoiselles en quête d'un mari !
Romain, âgé de neuf ans, entre en apprentissage aux ateliers du maître orfèvre Jacques-Herman Le Vieu à Mons. Cet apprentissage, chez Le Vieu, affirmé par René Couffon dans son "Répertoire des églises et chapelles", a pu être confirmé par la découverte, au musée des beaux arts de Mons, d'une note révélant l'existence de cet orfèvre montois en 1753 et par le procès verbal de la requête d'admission de Romain au titre des orfèvres de Saint-Brieuc. Par contre, il n'a pas été possible de trouver, aux archives de la capitale du Hainaut, une quelconque information sur Le Vieu, ou sur la présence de Romain dans ses ateliers, car la plupart des archives concernant l'orfèvrerie montoise ont été détruites lors de la seconde guerre mondiale.
L'apprentissage devait durer huit ans, il commençait de bonne heure (à environ dix ans) et était sanctionné au départ par un brevet et à la sortie par un certificat qui étaient enregistrés. Le maître orfèvre ne devait prendre qu'un seul apprenti, le loger, le nourrir à sa table, blanchir son linge, montrer "le dit art et profession d'orfèvres à son possible sans lui rien cacher, ni celer et le traiter humainement comme un bon maître." Quant au jeune apprenti, il devait être fidèle, travailler avec exactitude et sans discontinuation à tout ce qui était prescrit par son maître. Les brevets faisaient office de contrat d'apprentissage et certains, très détaillés, fixaient le jour de repos, l'heure à laquelle commençait et finissait le travail ou encore limitaient les taches de l'apprenti (celui-ci ne devait pas aller chercher de l'eau au puits, celui-là ne pouvait pas balayer la cour et l'atelier).
Romain achève son apprentissage le 5 juin 1774. Nous le retrouvons, ensuite, en Bretagne (France), plus exactement à Dinan où désirant être agréé au nombre des marchands orfèvres de Saint-Brieuc, il sollicite le consentement de la communauté des marchands maîtres orfèvres de la ville de Dinan, lequel lui sera octroyé par délibération du 22 novembre 1781. Cette Jurande, qui ressortait de la Cour des Monnaies de Rennes (datant de 1374), remonterait à 1746 et avait pour dépendances Lamballe et Saint-Brieuc. En effet, le nombre d'orfèvres dans ces deux villes était insuffisant pour justifier la création d'une communauté, car en principe il en fallait au moins trois.
Photographies sauf mention particulière archives Desury