
Outre l'orfèvrerie
d'église, notre aïeul et plus généralement, les orfèvres de la fin du XVIIIème
siècle s'appliquaient surtout à fabriquer, en or ou en argent et avec beaucoup de
raffinement, des objets d'usage courant de la vie intime : étuis, flacons, boites ornées
de miniatures, boites à poudre, à mouche, bonbonnières, boucles de jarretières, de
souliers, épinglettes à manteau et surtout des tabatières. Même si l'on ne prisait pas
le tabac, il était de bon goût d'avoir plusieurs tabatières que l'on changeait selon
les saisons. Cette mode donnait beaucoup plus d'ouvrage que la fabrication de la vaisselle
d'argent qui, depuis 1750, était progressivement remplacée par la porcelaine
(massivement importée de Chine par la Compagnie des Indes et dont le coût était
sensiblement inférieur à l'orfèvrerie) et la faïence, ou par l'étain dont on ne
réservait plus l'usage à l'office.
On fabriquait, aussi, pour les hôtels des bourgeois
fortunés des garnitures de serrures en argent. Parmi l'orfèvrerie civile, les flambeaux
d'argent remportaient un vif succès auprès de la clientèle bretonne, ainsi que les
tasses à deux anses ou coupes de mariage qui étaient très prisées chez les paysans,
sur lesquelles l'orfèvre gravait les noms de l'un ou des deux époux et qui servaient de
coupe à quêter lors de la cérémonie religieuse puis de coupe à boire lors du banquet
profane qui suivait. Quant aux couverts, dont les modèles étaient souvent uni-plats ou
à filets et coquilles, ce sont surtout les cuillers saupoudreuses qui faisaient l'objet
d'attention décorative particulière, notamment, par l'ajourage très travaillé de leur
cuilleron.