
Le polissage, effectué à l'aide de brosses, de poudres abrasives, de peaux de chamois, était naguère le secret de chaque atelier. Si l'objet est en cuivre ou en argent, il peut être doré. La dorure au mercure fut longtemps employée : une pâte graisseuse de mercure et d'or est répartie à l'aide d'une brosse métallique sur la pièce à dorer. La pièce enduite est alors passée au four. Le mercure, très volatil, s'évapore et laisse l'or déposé sur la pièce, laquelle peut alors être brunie avec un brunissoir, une agate ou une hématite emmanchée.

Joseph Bouilly et Ernest Le Boudec au polissage (ouvriers de l'orfèvrerie René Desury) 1955 - Photographie Le Télégramme
Le brunissage est un traitement de surface par écrouissage. Il permet de nettoyer les pièces traitées, d'atténuer les rayures et les chocs, d'obtenir un durcissement de la surface et de donner un éclat exceptionnel à cette dernière. Contrairement aux méthodes manuelles d'entretien, qui se font généralement par abrasion, à l'aide de pâtes ou de crèmes ou, plus dangereusement, à l'aide d'acide ou d'électrolyse, le brunissage n'enlève pas de métal. Autrefois, les orfèvres brunissaient leurs œuvres, ultime opération réalisée à l'aide de petits marteaux de différentes formes, à têtes parfaitement polies, voire glacées, appelés brunissoirs. Ils tapotaient les pièces, une grande dextérité s'avérait nécessaire, afin de provoquer un écrasement moléculaire de l'argent en surface, ce qui les rendaient plus dures, plus résistantes aux rayures et aussi moins perméable à l'air ambiant, donc moins sensibles à l'oxydation. De nos jours, cette opération est réalisée mécaniquement à l'aide de machines appelées brunisseuses, où des milliers de billes d'acier en rotation remplacent les brunissoirs d'autrefois. Elles sont utilisées en orfèvrerie pour la fabrication et en hôtellerie pour l'entretien des couverts.
Photographies sauf mention particulière archives Desury